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vendredi 15 mai 2015

The Goblin Emperor, par Katherine Addison

Fils rejeté  (parce qu’à demi-gobelin) de la quatrième épouse (honnie) de l'empereur elfe, l'exil (pas doré) du jeune Maia est interrompu lorsqu'un accident de dirigeable entraîne la mort de l'empereur et des autres héritiers le place sur le trône. Il est donc envoyé de toute urgence à la capitale, pour devoir tenir un rôle pour lequel il a été bien insuffisamment formé.

Dans cet univers, on a donc des gobelins (plutôt basanés et trapus) et des elfes (plutôt élancés et pâles), mais clairement, l'auteure aurait pu se contenter de remplacer tout cela par des humains : j'imagine qu'elle a voulu éviter tout risque de parallèle douteux). On suit donc l'arrivée de cet héritier totalement impréparé, que cela soit de la façon de tenir une conversation en toutes circonstances ou comment mettre les bonnes distances avec ses gardes du corps. Il s'y connaît suffisamment par contre en histoire pour savoir que s'il abdique en faveur de son jeune neveu, la régence qui s'en suivrait a toutes les chances de finir en guerre civile dévastatrice.   Son devoir le contraint dont à affronter conventions sociales et intrigue de cour alors même que son éducation (assuré par un cousin violent et tourmenteur depuis la mort de sa mère lors de ses 8 ans) l'a laissé avec un gros manque de confiance en soi.

Je suis ambivalent sur ce livre. J'ai déjà eu énormément de problème avec le langage de ce livre, surtout la nomenclature des personnages. Ce qui me rassure, c'est que Georges RR Martin a relevé le même souci :
I confess, all those long complicated hard-to-pronounce hard-to-tell-apart names were giving me a headache after awhile
 . C’est d'autant plus gênant que comme il rajoute, il y a beaucoup de personnages :
Some readers complain that my own books have too many characters, and maybe they do... but I swear, THE GOBLIN EMPEROR seems to have just as many, in a book maybe a third the size of one of mine.
Très franchement, par moment, j'ai avancé à l'aveugle. plus très sur de savoir si ce personnage était la cousine, ou la demi-sœur, ou la nièce du héros.. Bon, j'aurai peut-être du commencé par l''appendice final expliquant les conventions de nom propre, mais ce n’est pas vraiment mon habitude partir par la fin (en plus, je dois reconnaître que sur une liseuse, sauter d’une page à une autre plus loin, ce n’est pas le plus simple).

Le protagoniste est plutôt sympathique, on suit ses pensées les plus intimes, et on le voit progresser avec intérêt dans la découverte de ce monde  nouveau pour lui, et pour nous. Je l'ai d'ailleurs trouvé un peu trop mature pour ses 18 ans à mon goût, mais bon « aux âmes bien nés »... Le monde est relativement peu décrit, on n’est pas loin d'un huis clos au palais, mais il est facile de percevoir que dans l'esprit d l'auteur il est complétement défini.



Au final, je suis partagé entre une intrigue plutôt plaisante (même si relativement peu surprenante au niveau de rôles de chaque personnage : je peux annoncer sans dévoiler que le chambellan est un intrigant, tellement c'est visible), un protagoniste attachant (par ses difficultés, et son côté clairement "gentil") et une ambiance générale positive (assez loin du grimdark : le nouvel empereur est clairement bienveillant et pour la justice (notamment sociale)), mais un style quand même assez lourd qui a nui à mon plaisir.


J'ai lu ce titre dans le cadre ma série "lisons les nominations aux Hugo". C’est le premier que je lis des nominations 2015, pour l’instant, ça n’est pas mon gagnant. Mais :
 -  je n’ai pas encore lu les autres nominés
 -  S’il y a une suite, je la lirai : le héros est plaisant et je suis curieux de voir comment il va continuer de régner au mieux.

Et le fait que je suis intéressé par une suite est bien le signe qu'au final, j'ai bien aimé !

mercredi 13 mai 2015

La série Ghost, par Johnatan Moeller


Caina Amalas est une jeune fille aimée de son père, un important noble de l'Empire de Nighmar, et honnie par sa mère qui n'a jamais pu devenir la magicienne qu'elle aurait voulu être. Quand sa vie est mise en pièce par la sorcellerie et le meurtre, et qu'elle n'échappe que de peu au sort de sacrifice humain, elle est recrutée (par défaut initialement) pour faire partie des Fantômes : une organisation secrète d'espions et d’assassins au service de l'Empereur,  luttant contre  sorciers maléfiques, mages ambitieux, et esclavagistes prêts à tout pour le profit.
She was a spy, not a soldier or a warrior, yet she kept finding herself in these damned battles.
Et c'est parti pour 14 (actuellement) volumes (chacun plutôt court, mais dense), réparti en deux séries, mais j'y reviendrais.

L'auteur nous présente un univers médiéval au fantastique assez restreint : pas d’orcs, d'elfes ou de nains. Par contre, on y trouvera des mages, des sorciers (qu'on différenciera par le fait que les Mages appartiennent à une guilde et obéissent (en théorie) aux lois de l'Empire), des ruines multi-millénaires (et quelques individus les ayant connus du temps de leur splendeur) , des démons ou entités issues du monde des esprits, des alchimistes capable de créer des drogues multipliant la force et rapidité de leurs gardes du corps), des Danseurs des Tempêtes qui utilisent leur affinité avec l'eau et le vent pour décupler leurs capacités physiques, des élémentaires incarnées, des malédictions anciennes, des psychopathes immortels ...

En face de ce catalogue,  on retrouve la jeune Caina, alors qu'elle n'a aucune capacités spéciales, à part une relative résistance à la possession, un entraînement poussé et complet (de l'art du combat à celui du théâtre), et de la ruse, beaucoup de ruse : sa devise pouvant être "se battre à la loyale, c'est perdre". Elle sait aussi être très convaincante pour se trouver des alliés (de convenance ou pour plus longtemps), un autre facteur lui permettant d'affronter, et de survivre, à des adversaires aux capacités inhumaines
And Caina realized that she could not defeat him. He was centuries old, and had spent all that time honing his skills with a blade. Worse, he simply shrugged off wounds that would have disabled or slowed another man. Sooner or later he would wear her down and land a killing blow.  Unless Caina did something clever first.
Le premier volume est surtout basé sur la genèse de Caina en tant que Fantôme : l'événement traumatique au départ de tout, son recrutement,  et sa première mission. Les huit volumes suivants constituent une série - en tant que roliste  je dirai presque une campagne - chaque volume étant indépendant, mais reliés ensemble par un fil rouge, qui va prendre de plus en plus d'importance, jusqu’à l'apothéose (ou l'apocalypse) du dernier live, qui clôt la série et le fil rouge. Pour l’héroïne, la série commence mal, et se termine durement.

La série suivante, en cours, voit notre fantôme sortir de l'empire pour se retrouver dans le califat voisin à devenir chef de la cellule clandestine. Par comparaison avec la première série, le fil conducteur est de suite plus visible (sans doute aussi qu'au tout premier roman, l'auteur ne devait pas prévoir d'écrire tous ces livres..), mais cela reste dans la même tonalité, en rajoutant un petit contexte arabisant.


Et quelle est donc cette tonalité ? Pour ma part, j'ai souvent eu l'impression d'un thriller medfan, une sorte de Tom Clancy (avec nettement moins de gadgets, et sans patriotisme). Chaque roman est en général une enquête, sur une situation particulière, par exemple :
- des mages annoncent avoir trouvé le moyen d'empêcher toute guerre, et convient dans leur cité des délégations de tous les royaumes pour leur en faire une démonstration.
- des gens sont retrouvés mystérieusement brûlés vifs dans une ville récemment conquise par l'empire
- de mystérieux assassins portent des artefacts venant d'une cité rendue inaccessible depuis des siècles par une malédiction implacable
- des esclavagistes sévissent dans une province éloignée

Et à chaque fois, Caina est envoyée en mission (enfin, parfois c'est la mission qui lui tombe dessus)  afin de protéger l'Empire (et les innocents), et châtier les coupables.

Très souvent, les menaces sont en fait anciennes, que cela soit un artefact dangereux, ou même des individus immortels mettant en exécution un plan de longue haleine. L'univers est décrit par petite touche, on est bien loin d'une encyclopédie, mais il se dessine au fur et à mesure en un tout cohérent, avec des aspects historiques, géopolitiques, mystiques qui lui donne une vraie profondeur. Le tout étant pimenté par des personnages haut en couleur, des scènes d'actions extrêmement bien écrites, et un angle espionnage / enquête assez rare.

Il me semble aussi que l'héroïne est très bien écrite, certes plus doués que la moyenne, mais en général surpassée sur le plan de la puissance pure par ses véritables opposants : je ne parles pas des sous-fifres, mais de ceux qui tirent la ficelle, qui ont tous en commun une immortalité plus ou moins fortes (de "je ne vieillis pas " à "si on me tue, je change de corps". Et encore, certains sbires la surclassent aussi physiquement, comme les Immortels, des soldats portant un casque en forme de tête de mort qui ne montrent d'eux que leurs yeux bleus étincelant, suite aux transformations alchimique qu'ils ont subis.
She could not match any one of them in a straight fight, but as both her teachers at the Vineyard and brutal experience had taught her, to fight fair was to lose. 
Au final, j'ai trouvé cela rafraîchissant. Le style est plaisant, et j'aime vraiment beaucoup ces oeuvres qui renouvellent le genre en  mélangeant de fantasy avec d'autres thèmes forts. Jusqu'ici, j'avais surtout (uniquement ?) lu des mélanges avec le polar / Noir, et là, cette imbrication avec le thriller, tout en restant essentiellement de la fantasy (notamment par la récurrence de l'idée de la Menace Ancienne), est une très bonne surprise. Et puis, comme toute bonne série, plus on avance dedans, plus on s'attache, et plus cela nous semble meilleur.

Trois petits mots sur l'auteur :
- il se définit comme Pulp Writer, et sans être un spécialiste, je trouve que cela se tient : c'est du vrai roman d'aventure (sans être simpliste).
- il a l'intelligence d'offrir gratuitement les premiers volumes  de ses sagas.
- il vend ses ebooks à un prix honnête (entre 3 et 4 $..), de l'avantage de l'auto-édition

lundi 29 décembre 2014

L'empire des Damnés, par Laurent Chabin



Garance (déjà, il y a une dissonance par ce prénom - il ne s'agit pourtant pas d'une traduction) est une adolescente de 13 ans, appartenant au peuple des Damnées. La veille de son mariage forcé avec le vieux dégoutant Koulak (je ne suis plus tout a fait sur de l'orthographe, mais ce n'est pas loin - nous en reparlerons), son village de paysans faméliques est massacré par une troupe de cavaliers, des soldats barbares de l'empire. Elle s'échappe, et tombe prisonnière d'une sorte de mystique fou, bien introduit auprès de l'empereur car le seul capable de soigner son fils. Mais la révolte gronde en interne, alors que la guerre tonne à l'est.
Ils [Les maîtres] étaient beaux et nous étions laids. Toute notre beauté était partie chez eux avec le fruit de notre travail. Il ne nous restait que la faim et la souffrance.
Au début, j'ai cru y voir une espèce de Germinal fantasy.
La terre était littéralement éventrée, et de ses profondes blessures, des damnés faméliques, parmi lesquels des enfants, extrayaient de pesants paniers remplis de minerai
Je n'étais pas vraiment convaincu par l'ambiance mortifère et l'avalanche de problèmes et d'avanies sordides qui tombaient sur l’héroïne. Et puis, j'avais des petits signaux qui tintaient dans mon cerveau, jusqu’à ce que tout s'éclaire en voyant sur la couverture du second tome un petit autocollant "Inspiré de la révolution russe". Bon sang, mais c’est bien sur !, on retrouvait les Cosaques, les koulaks, Raspoutine, la Sibérie, Lénine exilé en Suisse, la révolte des marins, et sans doute bien d'autres éléments que je n'ai pas vus..
Cependant, cela ne m'a pas convaincu, au contraire. Avant de revenir sur ce que je pense spécifiquement de cette reprise historique par l'auteur, je dois dire que même sans cela, le ton excessivement misérabiliste du livre me posait problème. Et cela n'était pas parti pour s'améliorer. Voici les dernières lignes du premier tome :
Pourtant la suite des événements allaient tragiquement lui donner raison.
Même si je ne m'en étais pas encore rendu compte, la Terreur était déjà la.
Et les quatrièmes de couverture des deux autres volumes de la trilogie n’annonce rien de réjouissants...

Je pense aussi que d'avoir voulu transposer la révolution russe dans un univers en changeant presque uniquement les noms propres n'était pas une bonne idée. Je ne comprend pas en fait l'intention de l'auteur : si c'était pour écrire une histoire pendant la Révolution russe, ce n'était pas la peine de jeter par dessus un camouflage troué- on soupçonnerait presque l'écrivain de vouloir nous éblouir lourdement de son astuce ("regardez, je vais appeler les miséreux les Damnés, et pis le paysans riche s'appellera Koulak"). Un roman historique aurait été encore plus fort émotionnellement, et moins... trivial.
Je me suis interrogé un petit peu sur mon sentiment de rejet de ce livre à cause de son inspiration historique déguisée - pour moi - à tort. Parmi mes livres préférés, je compte 3 Guy Gavriel Kay, qui tous sont plus ou moins basés sur des faits historiques :
- A song for Arbonne : de loin inspiré par la croisade des cathares et/ou les conflits entre pays d'oc et d'oil, (mes références historiques se font lointaines)
- Tigane : avec une situation géopolitique bien inspirée de l'Italie de la renaissance aux multiples divisions.
- et surtout Lions Of Al-Rassan, une copie très proche de l’Espagne juste avant la Reconquista.
Et je n'y ai jamais ressenti le malaise que j'ai eu en lisant ce livre. Si le ton misérabiliste y est pour beaucoup - Kay est parfois dur, mais ne sombre pas dans le sordide -, peut-être aussi que la Révolution Russe est trop proche de nous, ainsi que ses conséquences.
Et puis, Kay reprend les contextes géopolitiques, mais pas l'histoire complète, à part peut-être Al-Rassan. Les personnages sont toujours au premier plan, et surtout, il ne les place pas en témoins d'un vraie-fausse Histoire. C'est peut-être cela, le plus dérangeant, tout les moments ou l'héroïne n'est que spectatrice, comme si on assistait a un cours d'histoire, mais en même temps, sans que cela soit assumé par l'auteur - pourquoi sinon rajouter cette dérisoire distanciation tendance fantasy ?
Enfin, clairement, Chabin n'a pas - à mon avis - le talent d'écriture de Kay.
Avec peut-être un peu moins de misérabilisme, ou alors tout simplement si cela avait été conçu et affirmé comme un roman historique, je pense que j'aurai eu un meilleur avis sur ce livre. Tel quel, je ne comprends pas l’intention de l’auteur, et je n’aime pas son résultat.

dimanche 19 octobre 2014

Three Parts Dead par Max Gladstone



La découverte que les hommes pouvaient utiliser directement le pouvoir des Dieux a entrainé de terribles conflits, dont le monde porte encore les stigmates. Il est devenu courant pour un Dieu de signer de contrat de prêts de pouvoir, pour par exemple servir de force de frappe magique à la demande.
Gods, however, made deals. It was the essence of their power

Ce qui est moins courant, c’est quand l’exécution d’un de ces contrats entraîne la mort d’un Dieu, Kos, Seigneur du Feu et divinité tutélaire de la grande cité d’Alt Columb, à priori par épuisement de son énergie.
Abelard faced her. His eyes were dead as a charred forest. “I was the one watching the Throne when God died.”

Dès que la nouvelle est connue, un procès se déclenche, pour savoir sous quelle forme la Divinité reviendra, opposant ses prêtres à ses créditeurs.
The Court chambers were smaller than the immensity of the black pyramid led one to believe. Most of the extra space was packed with the machines required to support human beings who dared meddle in the affairs of gods.

Tara Abernathy, au début de cette histoire, est de retour dans le village de ses parents.
Elle y est parvenu de justesse après avoir été expulsé des Écoles Invisibles, là où elle étudiait auprès des Maîtres de l’Art, ceux qui se sont opposés aux Dieux (et ont gagnés). Son expulsion (pour des raisons que l’on découvrira au fur et à mesure) a failli la tuer, car elle avait été envoyé tout près de la Fissure dans le Monde, une des blessures des Guerres Divines. Revenu donc dans sa famille, elle s’occupe tant bien que mal de problèmes contractuels mineurs.
Ned Thorpe lost half the profit from his lemon crop every year, due to a bad arbitration clause in his reseller’s contract. Ghosts stole dead men’s bequests through loopholes in poorly written wills.
C’est alors que l’une des associées ( partner en version originale) dirigeantes de la prestigieuse firme d’Art « Kelethras, Albrecht et Ao » vient la chercher, pour défendre l'Eglise de Kos : il faut prouver au procès que le Dieu n'a pas fait une faillite personnelle dont il serait le seul responsable par mauvaise gestion de son « crédit », mais qu'il a été assassiné. Il lui faudra donc enquêter, plaider, et risquer sa vie, et ceci rapidement, avant que la nouvelle d ne se répande auprès des créditeur et de la population d'Alt Coulomb. Avec la mort du Dieu, tous les mécanismes de la ville (machine à vapeurs, transports, etc..) alimenté par sa Puissance vont en effet s'éteindre.

It had been an odd couple of hours, and she had a feeling that, before the week was out, her life would grow stranger still.
Cette citation résume bien le livre : c'est un univers étrange - mais très cohérent, on n'est pas dans l'onirisme. On est entre John Grisham et China Miéville, mais plus proche de Perdido Street Station que de La Firme. Les descriptions sont évocatrices, parfois poétiques, un plaisir de lecture, un appel à l’imaginaire.
To the north it bordered the business district, where skeletal mages in flowing robes bargained with creatures from beyond the mortal world in towers of black glass that scraped the sky.

L’auteur évite aussi de nous abrutir par trop d’informations en même temps. Sans faire dans l’obscur, il dévoile son monde au fur et à mesure, introduisant des éléments qui semble parfois superflus mais qui se révèlent importants par la suite. Cela reste une écriture modern, avec de petites touches d’humour.
Furled wings rose like twin mountains from his back. His open eyes were emerald green and large—at least three times as big as hers, eyes the size of billiard balls. She focused on the eyes because otherwise she would focus on his hooked, toothed beak.

Les personnages sont aussi intéressants. Outre Tara, déjà évoquée, il y a aussi un autre personnage féminin fort, Cat, incarnation de la Justice pendant ses heures de travail, droguée en dehors pour combler le manque de ne plus être investie par la magie. En contre-point, le seul « héros » masculin, Abelard, jeune prêtre, confronté à la perte possible de son Dieu, est presque effacé.
J’ai beaucoup aimé le monde, limite steampunk, mais pas vraiment, pas vraiment médiéval fantastique non plus, avec une légère couleur mésopotamienne. Les concepts généraux (les contrats avec les Dieux, l’opposition homme-divinités) sont originaux, et l’enquête (et le procès) tiennent la route – bien que j’ai un souvenir d’avoir été un tout petit peu déçu par la façon dont cela se résout. Mais à part ce petit bémol qui ne couvre que quelques pages, tout le long du livre, on va de révélations en découvertes, d’intrigues en mystères. Je suis impatient de lire la suite, et je conseille ce livre à tous ceux qui veulent de la fantasy différente, et très bien écrite.

mercredi 15 mai 2013

Acacia, la trilogie, par David Anthony Durham


Acacia: The War with the Mein
Leodan, roi d'Acacia règne de son île sur le monde connu, tous les autres états lui étant inféodes.
La création de cet empire est maintenant perdu dans les légendes. Et seul le souverain et ses plus proche conseillers savent la corruption sur laquelle l'empire se maintient, basé sur le sombre marché passé avec la Ligue, les seuls a commercer avec les terres inconnues de l autre côté de l océan.
Mais tout cela, les quatre enfants du roi ne le savent pas, comme ils ignorent que du nord va déferler la vengeance d un peuple à la mémoire longue, on pourrait même dire vivante..
Ce résume est un peu succinct, mais en dire plus serait trop en révéler. En effet, cette trilogie raconte une vingtaine d'année, plus exactement, le premier volume décrit deux périodes de quelque mois chacune séparées par 9 ans, les deux autres volumes se passent neuf ans après, sur une période d'une douzaine de mois, il me semble ( comme d'habitude, livres finis il y a un mois, pas pris de notes, etc..)
C'est donc assez dense. C'est aussi un roman ou, comme dans le Trône de fer notamment, on suit plusieurs personnages, a raison d'un par chapitre. Le premier livre contient 71 chapitres, pour 770 pages, et je pense qu'il doit y avoir une douzaine de personnages (comme d'habitude : lives lus il y a quelques semaines, pas de prise de notes..), chaque chapitre "appartenant" donc à un personnage parmi une douzaine. Cette densité a fait que lorsque j'ai lu le 1er volume il y a quelques années, je l'ai ressenti comme "Le Trône de Fer, mais en un seul volume" (La Guerre du Mein se lit en effet très bien de façon isolé), ce qui est un sacré tour de force (serait ce un hasard que George RR Martin soit l'auteur de citations élogieuses sur ces livres ?). Les deux volumes suivants m'ont semblé un peu moins "compacts", et à ce titre, un peu moins bon : après aussi, ma lecture initiale était en anglais, langue concise, alors que ma relecture du premier et lecture des deux suivants se fit en français.
Au delà de la structure, le parallèle avec le trône de fer se fait aussi sur les thèmes : politiques, intrigues, et conflits. La fratrie Akaran n'est pas non plus très éloigné de la fratrie Stark à la base, sans en être une pâle copie.

Lors de ma relecture-lecture, j'ai choisi la version française pour voir si la réflexion sur l'un des éléments qui m'avait vendu le livre en 2007 était plus facile à percevoir. En effet, je l'avais découvert
par ce billet  http://theangryblackwoman.com/2007/08/24/acacia-by-david-anthony-durham/ , l'auteur est afro-américain, ce qui est assez rare en fantasy, et cela serait perceptible dans son oeuvre.
Alors, effectivement, si on essaye de creuser cet angle spécifique, la place conséquente de l'esclavage (et d'une forme de commerce triangulaire) et de la drogue (utilisé comme moyen de contrôle de la population) a forcément une résonance particulière pour un noir américain. On pourrait aussi verser au dossier le fait que les méchants initiaux sont très pales de peau, obsédés par leurs ancêtres (donc la race et la filiation), mais cela me parait déjà plus hasardeux.
Par contre, le côté très cosmopolite du monde, clairement revendiqué par Durham (voir ici : http://www.salon.com/2011/11/09/if_tolkien_were_black/ ), change de façon conséquente de l'uniformité courante en fantasy, chez les humains tout au moins.
Au final, si je me garderai bien d'essayer de trop analyser le livre et son auteur, c'est prenant, original et bien écrit. J'ai préféré le premier volume au deux autres, parce que j'ai vraiment été bluffé par la richesse (en terme d'intrigues et d'histoires) de celui-ci, mais la trilogie est de très bonne qualité.

jeudi 18 avril 2013

Red Country, par Joe Abercrombie




Dans des contrées au delà des frontières de la civilisation, mais en plein ruée vers l'or, Shy et son "père de substitution" Lamb (c'est à dire Agneau, et ce nom aura de l'importance) rentrent a leur ferme aprés avoir vendu leur récolte de blé.
Ils la découvrent incendiée, un ami pendu et criblé de flèches, et ses deux jeunes frère et soeur disparus, enlevés par la troupe responsable de ces méfaits.
Le seul but devient alors de retrouver les deux enfants, dans ces terres de liberté et de danger.
Le thème est western - fantasy. C'est assez original,et plutôt intéressant. J'ai eu un peu de mal au départ, notamment avec le style des dialogues, puis très vite j'ai accroché a cette histoire sombre.
Abercrombie, avec sa trilogie First Law (d'ailleurs ce roman se passe dans le même monde, on y retrouve quelques personnages, mais est indépendant), nous a habitué a des livres de fantasy violents et cyniques, ou personne n'est totalement gentil, personne n'est parfait, les méchants sont aussi bien définis que les supposés héros (et la nuance entre les deux est parfois faible..), et le pire peut toujours arriver.
‘You fought in the wars? Up in the North?’
‘In wars, in skirmishes, in duels, in anything offered, and when I ran out of fights I made my own, and when I ran out of enemies I turned my friends into more.’
Et il continue ainsi dans Red Country, dans un subtil mélange de fantasy ( barbares du Nord, combat a l'épée, Inquisition) et de western ( "indiens", villes champignons, plaines immenses, convois de chariots ..) avec une galerie de personnages haut en couleur :
- Shy, une jeune femme qui a déjà beaucoup vécu, avec sa part de sang sur les mains
- Lamb, un colosse âgé, qui tente de fuir son passé
- Temple, qui est le premier a se décrire comme veule, lâche et pusillanime
- Dab Sweet, sorte de Davy Crockett vieillissant, dépassé par sa Légende
- le capitaine de mercenaire Cosca, grandiloquent et amoral, dont les meilleures heures sont (loin) derrière lui.
- Waerdinur, du Peuple Dragon, qui veut libérer son pays des envahisseurs colons.
Et je n'ai évoqué que les principaux personnages, il y a beaucoup de seconds rôles savoureux, qui n'auraient besoin que d'un peu plus de pages pour être promu au au premier plan, tellement chaque individu est bien défini.
Cet ensemble étant servi par une écriture nerveuse et rapide, des scènes d'actions impitoyables, et un parfait équilibre entre humour (un peu, ce n'est pas du Pratchett, hein, on n'est pas la pour rire) et situations sombres, pour ne pas désespérées, et donc un mélange fantasy-western qui est une réussite.
Bref, ce fut une très bonne surprise. J'avais, de mémoire, bien aimé First Law, mais celui-ci est peut-être un poil moins dur, et c'est tant mieux.

samedi 6 avril 2013

In the Company of Ogres, par A. Lee Martinez



Jamais-Mort Ned ( la traduction perd l'allitération de l'anglais Never Dead Ned) peut mourir, mais il est systématiquement ramené à la vie, sans qu'on lui dise pourquoi. Il était content d'être comptable d'une grande compagnie de mercenaire ( même si le chef de service griffon mange les coupables d'erreur), quand il est transféré commandant de la compagnie des ogres, composée ... d'ogres, de gobelins, d'orcs et humains, d'une sirène, d'un ent (ah non, ils n'ont plus le droit de s'appeler ainsi, il faut dire homme arbre), d'une Amazone, et de quelques autres cas étranges. Mais les choses s'accélèrent, et son destin se dévoile..
J'aurais du me méfier quand j'ai vu qu'une critique faisait référence à Piers Anthony, plutôt qu'à Pratchett : on n'est pas dans la même catégorie de fantasy humoristique. Le principal souci est que le héros n'est pas plaisant : lâche, geignard, pas vraiment intelligent. S'il finit par faire les bons choix, c'est au bout de long atermoiement et tergiversions. Le reste des personnages est plutôt en carton pâte , ce qui n'est pas vraiment un souci pour ce sous-genre la, mais associé avec une exécution pas vraiment compétente, et une intrigue non convaincante, j'ai commencé à vouloir décroché au tiers du bouquin. Et la suite ainsi que le dénouement n'arrange rien.
Au final, il y a des bons passages, quelques moments drôles, mais trop peu pour compenser les longueurs et faiblesses du livre.

samedi 15 décembre 2012

Les 4 premiers livres d'Autremonde, par Maxime Chattam


L'Alliance des Trois
Matt et Tobias sont deux adolescents amateurs de jeux vidéos et de jeu de rôles, vivant á New York. Mais au lendemain de Noël, une tempête surnaturelle s'abat sur sur la ville, frappant les immeubles de ses éclairs bleuté. Au matin, tous les adultes ont disparus, ne laissant que leur vêtements, ou ont été transformés en monstres mutants. De plus, des créatures montés sur des échasses, avec des yeux lumineux, semblent chercher quelque chose, pour l'amener à leur maitre. Les deux amis doivent fuir la ville, pour découvrir un monde ou la nature a repris le dessus, la jungle a envahi les villes, et seuls les enfants semblent a peu prés inchangés. Comment survivre ? Quels sont les secrets de ce nouveau monde ?

J'avais lu quelques romans de Chattam avant ceux-ci (je vais parler ici des 4 premiers livres d'Autremonde): ce n'est pas de la grande littérature sans doute, mais c'est pas mal écrit, les intrigues tiennent la route, et c'est très efficace dans le genre thriller. La, on est dans le post-apo / fantasy pour adolescents, mais tout a fait lisible par un adulte. Les trois héros sont sympathiques et évitent grosso-modo les clichés, et les situations ne sont pas mièvres.
Mais pour moi, le véritable intérêt des 4 livres (sur 7 prévus) que j'ai lu de cette série, c'est l'univers et ses mystères : c'est clairement un roman de découverte et d'exploration, sur la nature de l'apocalypse, sur l'identité et les objectifs des deux entités maléfiques, et surtout sur des décors et des lieux impressionnant, comme par exemple une communauté d'enfants vivant (navigant) sur le sommet d'arbres géants formant une véritable mer verte, avec ses Léviathans dans les profondeurs.
J'ai donc passé un bon moment de lecture a suivre nos héros dans ces 4 premiers livres (une trilogie, puis une suite non finie), et il va falloir que je lise la suite..

dimanche 18 novembre 2012

Sous le ciel, par Guy Gavriel Kay



Pour honorer la mémoire de son père, grand général de l'empire de Kitan, et dans le cadre de son deuil, Tai s'est exile au bord d'un lac de montagne, qu'on dit hante par les fantômes des morts non enterres des nombreuses batailles qui s'y sont déroulés. Cela fait deux ans qu'il enterre les squelettes des combattants,lorsque sa vie est bouleverse par un cadeau immense que lui fait une des jeunes épouses de l'empereur du Tagur, apparemment parce que Tai ne fait de distinction de camp dans son oeuvre de respect des morts. Ce cadeau, 250 magnifiques chevaux venus de la lointaine Sardie, représente une fortune immense pour Kitan, et un atout stratégique important.

Enfin, je retrouve mon Guy Gavriel Kay d'Arbonne, Tiganne et Al-Rassan: des phrases ciselés, des révélations percutantes et bien menées, des personnages riches (notamment les femmes), de l'intrigue et de l’émotion.
C'est un plaisir de naviguer avec nos héros dans cette fantasy historique (n’étant pas connaisseur de l'histoire de la Chine, il m'est impossible d'examiner cet angle je dois dire), de découvrir les plans aux motivations tortueuses (ou parfois très simples), les actes a priori isolé dont toute la portée ne perçoit qu'au long terme, et d'assister a quelques joutes oratoires de haute volée.

Vraiment un bon cru, apres Ysabel ou Last Light of The sun qui ne m'avait pas vraiment convaincu, malgré mon idolâtrie pour Kay. Je lui reprocherai peut-être juste que les personnages principaux du livre ne sont pas les personnages principaux de l'Histoire, et sont donc assez souvent en spectateurs (il me semble que c'est sans doute la aussi la raison pour ma déception avec Sailing to Sarantium, bien que je devrais le relire).

Par contre le fait que la fin du livre soit un peu rapide (a lire certains avis) ne m'a pas dérangé. Pour moi ce livre raconte la fin d'un équilibre (ce qui me semble assez dans la thématique chinoise), ou plutôt d'un ensemble d’équilibres, lies entre par une toile d'interconnexion personnelles. Lorsque la toile se brise, l'histoire est racontée, et j'ai trouvé dans les dernières pages suffisamment de matière pour clore le livre sans me sentir frustré par des éléments en suspens.
Vraiment une joie de lecture : c'est le premier Kay que je lis en français, et j'y ai retrouvé toute la beauté de son style : des phrases travaillées et merveilleusement expressives, des scènes bien menées, des révélations qui sont toujours perceptibles dans le texte.
(et puis, le contraste qualitatif (notamment sur l'écriture) avec les précédents livres que j'ai lus (les fées de Galenorn) est vraiment saisissant, ce qui n'a rien gâché)

mercredi 31 octobre 2012

Vérité première par Dawn Cook



Alissa est chassée par sa mère pour marcher sur les traces de son père et rejoindre la Forteresse pour devenir une magicienne.
En chemin, elle rencontre Strell, jeune troubadour, qui l'accompagne jusqu'à sa destination.
Bon, le coup du "on s'aime, mais on le dit pas et on le comprend pas", je l'ai vu exprimé de façon bien pire (je veux dire, j'ai lu la Belgariade, et j'ai tenu 6 volumes de Wheel of Time, j'ai donc acquis une certaine résistance). Mais après, je n'ai pas accroché : pas au style, pas a l’intrigue, l'univers est très flou, peu de rythme...
Le livre a beau se terminer sur une fin ouverte, je ne sais pas du tout si je vais lire la suite.
Après, les avis que je peux glaner de ça et la sont plus positifs sur la suite. Et puis, Dawn Cook est un pseudonyme de Kim Harrison dont j'aime bien la série Rachel Morgan ( qu'elle a écrit après, cependant)
Je vais peut-être tirer cela à pile ou face !

vendredi 19 octobre 2012

Le cycle de la lune par Edgar Rice Burroughs



Ce livre est un recueil de plusieurs oeuvres d'Edgar Rice Burroughs, plus connu pour Tarzan, ou John Carter.

Cela commence par deux livres ressemblant beaucoup à John Carter, mais sur la Lune. En fait, le prologue nous apprends que Burroughs voulait écrire un livre anti-communiste (en 1919), mais que l’éditeur a refusé. Il a donc dissimulé son pamphlet dans son pulp, ce qui nous donne ceci pour explication de la décadence de la civilisation lunaire :
"Mais les faveurs de l'état se répartissaient équitablement entre tous. Les enfants des pauvres avaient les mêmes possibilités d'éducations que les enfants des riches; et ce fut la que nos ennuis commencèrent."
Après quelques aventures lunaires, un traître emmène les communistes sur la terre, qui l'asservissent.
Le deuxième livre racontant plusieurs passages (sur plusieurs millénaires) de la vie sous le joug communiste, jusqu’à la libération par les derniers américains ( qui ressemblent plutôt par leur cultures et traditions a des amérindiens (ou "Premières nations", comme on dit élégamment au Canada, d'ailleurs, pour compenser la citation ci-dessus, j'avais noté une phrase nettement anticolonialiste de Burroughs, mais je ne la retrouve plus.) En bref, le premier livre n'est que Barsoom sur la lune, le second est plus original, mais décousu.

Il y a ensuite un certain nombre d'autres oeuvres mineures, plus ou moins longues dans ce recueil : une exploration de l'Europe dévastée par une trop longue guerre, une sorte d'Ile du Docteur Moreau, encore un terrien envoyé sur une autre planéte ( mais évoluée), une intrigue pseudo-policière futuriste qui ne m'as pas marqué par son intérêt...
J'aurai tendance à classer cet ouvrage dans "raclons les fonds de tiroir pour vendre", bien que je ne suis pas sur de la pertinence de cet avis. A lire pour la collection en tout cas.

samedi 22 septembre 2012

L'Assassin Royal, par Robin Hobb



(Cette critique porte sur sur l'hexalogie (en anglais, soit 13 volumes chez Pygmalion : on comprend mieux les 263 millions de chiffres d'affaires de Flammarion, le groupe père).

Fitz est un bâtard. Au sens premier du terme : le fils du prince héritier et d'une roturière. Révélé six ans après sa naissance, il entraine l'exil volontaire de son père, et son adoption dans l'ombre de la maison royale. Pour ne pas troubler l'ordre de succession, il est donc caché, et voué a servir le royaume, en tant qu'assassin. De plus, il possède l'Art magique de sa lignée, et aussi le Vif, qui lui permet de communiquer avec les animaux, jusqu’à s'en faire des frères de sang.
La série raconte donc sa vie et ses aventures, ses amitiés et amours..

Quand j'ai lu la trilogie Royal Assassin il y a une petite dizaine d'année, cela m'avait laissé un très fort souvenir d'épreuves difficiles, de tristesse, d'injustice, et de malheur. Dans ma mémoire, le héros narrateur allait des persécutions en misères, et à la fin, il n'était même pas récompensé correctement.

Du coup, je n'avais pas osé lire la suite, voulant éviter la dépression profonde (Et j'ai un peu hésité quelques années plus tard pour commencer les aventuriers de la mer)

Et puis, je me suis dit qu'il était temps que je finisse le cycle, quand même. J'ai donc relu les trois premiers, et découvert les trois suivants, mais le tout en français, cette fois-ci.

Sur ma relecture, cela m'a semblé moins triste, mais j'étais prévenu aussi (je me demande aussi si le changement de langue n'a pas joué). Après, c'est loin d'être joyeux : adeptes des répliques drôles et des situations burlesques, passez votre chemin. Il y a très peu d'humour, juste quelque dialogues amusants avec un chat dans la deuxième trilogie.

La seconde trilogie commence 15 ans après la fin. Fitz a vieilli, son compagnon animal aussi, mais il ne s'est pas vraiment apaisé, il s'agit plus d'une anesthésie. Temporaire, quand les circonstances et le devoir le forcent à revenir prés de la famille royale, et a fréquenter ses anciens amis, et ses amours, avoués ou non.

Ce qu'il faut bien comprendre dans cette oeuvre, c'est qu'il ne s'agit pas de fantasy "d'action", et que ceux qui s'attendent a suivre les aventures d'un Ninja-chevalier vont être forcément déçus. C'est l'histoire d'un homme pris entre son devoir, ses serments, et ses sentiments.

Une bonne partie de la deuxième trilogie est par exemple consacré a l'amitié très forte (et l'amour impossible) entre Fitz et le Fou, personnage énigmatique et mystérieux. De façon moins plaisante, un bon nombre de page sont aussi occupés par les atermoiements de Fitz, et parfois, c'est un peu lourd.

Au final, c'était une bonne lecture, parfois un peu longue, pour ne pas dire lourde (cependant, j'ai lu 21 livres de Robin Hobb en deux mois, (c'était devenu une blague récurrente de mon fils), donc forcément, on repère plus facilement les tares de l'auteur..), mais manquant peut-être un peu de plaisir.

mardi 21 août 2012

La déchirure par Robin Hobb


(avis portant sur la trilogie)
Jamère Burvelle a son destin tout tracé devant lui : second fils d'un noble de la Frontière fraichement conquise sur les nomades, il sera militaire, comme l'a été son père avant d'être anobli pour faits d'armes. Cependant, lorsqu'il est envoyé par son géniteur passer une semaine avec un nomade, histoire de se durcir pour pouvoir être un bon officier, la destinée s'égare. L'ancien ennemi de son père tente de s'en servir comme outil dans une lutte de pouvoir magique, et la Magie elle même décide faire de Jamère son pion. Commence alors une route cahoteuse et semée d'embûches pour le notre héros-narrateur.
Depuis que j'ai été traumatisé par les épreuves et sévices infligés au narrateur dans l'Assassin Royal, je n'ouvre plus un roman de Robin Hobb sans un frisson de crainte. Dans celui-ci encore, on retrouve la même atmosphère : déchéance du héros, rejet et incompréhension par son entourage, morts et désespoirs. En plus atténué, cependant. Ce qui est aussi appréciable dans ce livre, c'est que le tiraillement du narrateur entre deux cultures se reproduit aussi pour nous lecteurs, et on a bien du mal à décider ou se situe le bien et le mal. Mais cette ambiguïté constante est résolu un peu trop rapidement, quand au dernier volume, en quelques pages, tout se résout ... magiquement, et de façon très indirecte (bien qu'annoncée depuis la moitié du cycle en fait).
Au final, c'est une série intéressante pour la description de deux cultures bien différentes, et un certain onirisme écologique.
Pour finir, un petit coup de gueule (qui ne sert à rien) : en anglais, c'est une trilogie, soit normalement 4 livres en français. Pygmalion en a fait une série de 8 volumes, histoire de maximiser les profits. C'est quand même marrant que ce genre de magouille se fasse couramment en France, Noble Pays de la Culture, des Arts & des Lettres, et non chez les anglo-saxons qui pourtant ne jureraient que par le fric...

vendredi 10 août 2012

Les nains, par Markus Heitz




Tungdil, un jeune nain de soixante printemps n'ayant jamais vécu avec son peuple, est envoyé par son père adoptif, le Mage Lot-Ionan, en mission pour livrer de mystérieux artefacts.
Mais la mort rôde sur le Pays Sûr, depuis qu'un des 5 clans des nains qui en protégeaient les barrières montagneuses a été laminée par les forces de du Mal.  Tungdil va devoir devenir un héros...

Dans sa préface, l'auteur écrit qu'il a voulu placer les Nains en première ligne de son récit, au premier plan. Ce sont donc ces nains, plutôt classiques (n'aiment pas les elfes, vivent sous terre, etc..) qui sont les héros du livre. A travers le voyage initiatique de Tungdil, on découvre leur riche histoire, et celle de leur monde.
Quelque part, c'est très tolkienien : le héros explore le monde pour la première fois de sa vie, est envoyé en mission (en quête) par une autorité supérieure (mais ici, le Grand Roi des Nains, pas un seigneur demie elfe), et rassemble une compagnie hétéroclite. Différence sans aucun doute en lien avec les thématiques Naines, si la quête tourne autour d'un objet, celui ne doit pas détruit, mais créé avant d'être utilisé (en profitant des talents innés des nains). Le parallèle se retrouve aussi dans la structure du récit,ou les aventures du Quêteur sont entrecoupées par "et pendant ce temps, il se passe ça à côté", passages qui sont cependant un peu trop décousus.
Au final, ce fut une lecture plaisante, assez prenante, mais qui en même temps ne me laissera pas un souvenir impérissable, principalement à cause de certaines faiblesses de style et de scénarios. Je lirai quand même les suivants à l'occasion, vu que ces faiblesses peuvent être corrigées par l'expérience grandissante de l'auteur.

Une petite citation pour finir :
"Nous n'abandonnerons jamais ! cria-t-il à l'adresses des montres.(Puis, il entrechoqua les dos de ses couperets de façon que les tintements se répandent dans toute la fonderie.) Vous entendez ce son, répugnantes créatures ?! Je sonne votre glas !"





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dimanche 3 juin 2012

Low Town, par Daniel Polansky





Warden est un dealer dans les vieux quartiers de Rigus. Il passe ses journées à faire son trafic, et protéger son gagne-pain.
Lorsque le corps atrocement mutilée d'une enfant est trouvé sur son domaine, il est obligé, bien malgré lui, de trouver le coupable. En effet avant, il faisait partie de la Maison Noire, la police secrète de l'Empire, et il y a des passés dont on ne sépare pas...
C'est écrit de façon nerveuse, dans un univers plus médiéval que fantasy, même si la magie est présente. Les ruelles sont étroites, humides, les hommes ( et les femmes) indignes de confiance, et le héros du livre vend de la drogue, et ne répugne pas à la violence. Les personnages se découvrent de façon indirecte, l'intrigue est tortueuse.

Au final, même si la fin ne m'a pas surprise (j'avais deviné le coupable ! :) , une bonne lecture. Du Glenn Cook en plus sombre.

jeudi 5 avril 2012

Le jour de l'enfant tueur, par Pierre Pelot



Je n'ai pas fini ce livre. C'est d'autant plus étonnant que j'avais un très bon souvenir de Pierre Pelot (mais sur des récits sans doute nettement plus anciens).
C'est une sorte d'enquête/thriller préhistorique. Mais autant je trouve qu'on peut reprocher à Auel/Ayla de faire des hommes préhistoriques qui nous ressemblent trop, autant le parti pris de l'auteur d'utiliser un style très spécifique, de faire très peu d'exposition, m a été pénible au bout de 40 pages - la, je suis passé en mode survol -, insupportable au bout de 100 - et la je suis allé voir la fin directement, au cas ou je pourrai susciter chez moi un regret qui me motiverait pour lire ce livre (pourtant court).  Et non, je l'ai posé sans regret, moi qui pourtant ait un mal fou à ne pas finir un livre, au cas ou...
Après, peut-être est ce juste une défaillance de ma part ?

mercredi 4 avril 2012

Vengeance, par Fabrice Colin




Autour de l'envahissement génocidaire par les monstres non-humains Senthaï des civilisés (en apparence) Asenaths, on suit l'histoire de Tirius, issu du peuple Ishwen. Après voir vu sa famille massacré dans sa jeunesse, il est recueilli par le frère de l'Imperator, et il deviendra un puissant guerrier. Mais les apparences sont trompeuses...

Ce roman contient très distinctement deux parties, séparées par une période de 20 ans. La première montre les contours d'une intrigue politique. La seconde partie est plus sur les conséquences et résultats de cette intrigue, et est nettement plus épique.
Ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, c'est l'univers esquissé : les origines des Senthaï, la religion Asenath, les différents peuples, qui cachent quelques originalités et surprises. Le style est très serré, le rythme maitrisé, mais peut-être un peu trop au final.
En conclusion, une lecture non déplaisante, mais il m'a manqué un petit quelque chose, peut-être des personnages un peu plus attachants, un peu plus d'exposition, pour être vraiment accroché.

mardi 20 mars 2012

Le Double Corps du Roi, par Ugo Bellagamba


Le Double Corps du Roi


À Déméter, la monarchie se meurt. Absû Déléthérion, général ambitieux, assassine le vieux roi Yskander et se proclame régent. Pour asseoir son règne, il a besoin de l'armure fabriquée jadis par le Dieu-Forgeron, symbole de la légitimité monarchique : l'Hérakléion. Malheureusement pour le régicide, Égée Seisachtéion, poète et bretteur hors pair, confident d'Yskander, s'empare de l'armure. Aidé du contrebandier Johan Solon, il la cache dans la Canopée, royaume sylvestre réputé impénétrable, où vivrait un héritier au trône. La lutte contre le despote Déléthérion s'engage, inégale, sanglante, désespérée... (texte pris sur Amazon)
C'est de la fantasy à la française, mais je me risquerai pas la à tenter de vraiment définir les différences. Un peu plus de mysticisme, de problèmes existentiels ? Des histoires d'amours improbables ?
En tout cas, c'est très lisible, sans révolutionner le genre.

mardi 6 mars 2012

Ronde de Nuit, par Terry Pratchet



Retour vers le futur dans le disque monde...

Sam Vimaire, chef du Guet d'Ankh-Morpork, et Duc, s'ennuie un peu,  surtout de devoir porter un armure d'apparat, plutôt que d'arpenter le pavé et pourchasser les criminels. Mais il va avoir l'occasion de retrouver les activités de sa jeunesse, à plus d'un titre...

Chacun a ses préférences dans le Disque-Monde, et pour moi, c'est surtout le Guet. Du coup, je pars déjà sur un apriori positif. Après, on se retrouve donc dans le passé, et on en apprend un peu plus sur certaines personnages, de Veterini à Chicard Chique.
Je suis un peu partagé sur l'antagoniste(qui manque de ridicule) et sur le côté un peu sombre de l'intrigue, qui jurent un peu, me semble-t-il avec l'ambiance général du Disque Monde. Il y a somme toute de bons moments, et puis, c'est le (une sorte de) Guet...

jeudi 23 février 2012

The Haunted Lands (trilogie) par Richard Lee Byers


The Haunted Lands Omnibus

Thay'me les Royaumes oubliées ?
(bon, c'est nul comme jeu de mot)
Cette trilogie raconte l'histoire d'une invasion de mort-vivants dans le Thay, petit pays sympathique des Royaumes oubliées, bien connu pour ses sorciers maléfiques vêtu de robe rouges.
On suit quelques personnages, notamment un barde dans une histoire d'amour tragique, un soldat qui deviendra mercenaire, et quelques dirigeants de l'empire thayen, et leurs sbires. Derrière l'invasion du royaume se cache un mystère qui pourrait affecter ... l'univers...

C'est donc un roman de jeu de rôle, mais, pas un roman de partie. Dans le sens que je n'ai pas eu l'impression que ça pourrait raconter des séances (trop de personnages , pas assez de groupe), et qu'il ne m'a pas semblé percevoir trop de détails technique derrière la narration.
N'étant pas vraiment connaisseur des Royaumes Oubliées, je ne suis pas vraiment apte à juger vraiment l'adéquation du livre, qui m'a semblé se passer entre la 3eme et 4eme édition, avec en arrière plan plus ou moins rapprochée quelques grands évènements récents de l'univers (spell plague notamment).
Cela se passe dans un royaume maléfique, et donc avec des héros mauvais, si cette noirceur est évoquée, cela reste principalement bon enfant.
Les deux premiers livres sont corrects, le troisième m'a semblé moins bon, la révélation de l'intrigue finale et sa résolution étant un peu plate.
J'avais en fait commencé ces livres par ce qu'ils en sortent de nouveau sur le héros principal, autour d'une thématique "mercenaire" qui m’intéresse à la base, mais au retour de mon expérience sur cette trilogie "prequel", je pense que je vais m'abstenir de lire la suite pour l'instant.