jeudi 27 septembre 2012

Cristal Défense par Catherine Fradier



Éléonore de Coursange, dite Léo, est responsable de l'Agence de sécurité économique. Cette branche top secrète des services de renseignements français est chargé de protéger les intérêts économiques de la France et de ses entreprises. Avec une équipe restreinte (du génie de l'informatique a l'ancien mercenaire), ils surveillent donc les manipulations boursières, les espionnages industriels, et la sécurité des chercheurs et brevets.
Mais lorsqu'ils doivent intervenir pour protéger une contrat de recherche entre la France et un grand céréalier américain ( un Monsanto-like, OGM inclus), le jeu se durci.

J'ai pris ce livre en me disant que cela serait du Clancy (et la, je vois que j'ai vieilli, vu que la référence maintenant c'est 24) à la française, et j'étais curieux de voir un genre que j'ai bien aimé sous un angle culturel différent, et théoriquement plus proche de moi.

Et effectivement, c'est assez différent : l’héroïne fait partie de la bourgeoisie du quai d'Orsay, on croise dans son équipe la beurette en prise avec l'islamisme de banlieue, une préoccupation très actualisé français sur les OGM, l'appartement bourgeois a une cave a vin en bas de l'immeuble, etc..
Le livre est dense, avec un grand nombre de courts chapitres, assez elliptiques. La stylistique "24" est clairement assumée, avec une intrigue principale (effroyablement plausible) et plusieurs sous-intrigues, plus ou moins liées, des révélations et des retournements.
Au final, une lecture prenante, divertissante, correctement écrite, et qui se termine sur un cliffhanger terrible.

samedi 22 septembre 2012

L'Assassin Royal, par Robin Hobb



(Cette critique porte sur sur l'hexalogie (en anglais, soit 13 volumes chez Pygmalion : on comprend mieux les 263 millions de chiffres d'affaires de Flammarion, le groupe père).

Fitz est un bâtard. Au sens premier du terme : le fils du prince héritier et d'une roturière. Révélé six ans après sa naissance, il entraine l'exil volontaire de son père, et son adoption dans l'ombre de la maison royale. Pour ne pas troubler l'ordre de succession, il est donc caché, et voué a servir le royaume, en tant qu'assassin. De plus, il possède l'Art magique de sa lignée, et aussi le Vif, qui lui permet de communiquer avec les animaux, jusqu’à s'en faire des frères de sang.
La série raconte donc sa vie et ses aventures, ses amitiés et amours..

Quand j'ai lu la trilogie Royal Assassin il y a une petite dizaine d'année, cela m'avait laissé un très fort souvenir d'épreuves difficiles, de tristesse, d'injustice, et de malheur. Dans ma mémoire, le héros narrateur allait des persécutions en misères, et à la fin, il n'était même pas récompensé correctement.

Du coup, je n'avais pas osé lire la suite, voulant éviter la dépression profonde (Et j'ai un peu hésité quelques années plus tard pour commencer les aventuriers de la mer)

Et puis, je me suis dit qu'il était temps que je finisse le cycle, quand même. J'ai donc relu les trois premiers, et découvert les trois suivants, mais le tout en français, cette fois-ci.

Sur ma relecture, cela m'a semblé moins triste, mais j'étais prévenu aussi (je me demande aussi si le changement de langue n'a pas joué). Après, c'est loin d'être joyeux : adeptes des répliques drôles et des situations burlesques, passez votre chemin. Il y a très peu d'humour, juste quelque dialogues amusants avec un chat dans la deuxième trilogie.

La seconde trilogie commence 15 ans après la fin. Fitz a vieilli, son compagnon animal aussi, mais il ne s'est pas vraiment apaisé, il s'agit plus d'une anesthésie. Temporaire, quand les circonstances et le devoir le forcent à revenir prés de la famille royale, et a fréquenter ses anciens amis, et ses amours, avoués ou non.

Ce qu'il faut bien comprendre dans cette oeuvre, c'est qu'il ne s'agit pas de fantasy "d'action", et que ceux qui s'attendent a suivre les aventures d'un Ninja-chevalier vont être forcément déçus. C'est l'histoire d'un homme pris entre son devoir, ses serments, et ses sentiments.

Une bonne partie de la deuxième trilogie est par exemple consacré a l'amitié très forte (et l'amour impossible) entre Fitz et le Fou, personnage énigmatique et mystérieux. De façon moins plaisante, un bon nombre de page sont aussi occupés par les atermoiements de Fitz, et parfois, c'est un peu lourd.

Au final, c'était une bonne lecture, parfois un peu longue, pour ne pas dire lourde (cependant, j'ai lu 21 livres de Robin Hobb en deux mois, (c'était devenu une blague récurrente de mon fils), donc forcément, on repère plus facilement les tares de l'auteur..), mais manquant peut-être un peu de plaisir.

mardi 11 septembre 2012

Looking for Calvin and Hobbes, par Nevin Martell




Ce livre est à moitié biographie, a moitié recueil d'avis, et à moitié récit personnel (de l'auteur du livre, pas de Waterson). Ce qui fait un peu trop pour un nombre de pages plutôt faible.

Le postulat de base est la tentative de l'auteur du livre de retrouver Bill Waterson, pour obtenir un interview.Ceci, une douzaine d'année aprés que Waterson ait arrêté, au sommet de la gloire de ses deux personnages ( je ne vais pas m'attarder sur le comic strip, si vous ne le connaissez pas, lisez le ! Disponible dans toutes les bibliothèques et magasins, ou sinon (parmi des milliers) : ici , la ou en français.

Cette recherche,c'est la partie Roadmovie du livre : on visite la ville d'enfance de l'auteur, retrouvant quelques uns de ses contemporains, et le biographe nous fait part de ses doutes et de ses espoirs : j'ai l'impression que c'est une habitude dans les essais "pseudo-scientifiques" de beaucoup parler de soi.
C'est relativement intéressant.

Entrecroisée, il y a une partie qui recueille les avis de nombreux artistes, plus ou moins modernes, sur Waterson. Quasi-exclusivement élogieuse, alternant les "je le lisais tout les jours dans le journal", et les "Il m'a répondu deux fois à mes courriers !".
C'est plaisant à lire, et cela nous montre qu'au delà du plaisir du simple lecteur, Calvin & Hobbes a été une source d'inspiration et de renouveau (et un chant du cygne ?) pour l'art du comic strip.

Enfin, il y a le côté plus biographique, pour ne pas dire hagiographique (mais quand on aime... ), décrivant la vie et la carrière de Bill Waterson et des héros. On y apprend par exemple que les gens de Lucas et Spielberg étaient intéressés par faire un film Calvin & Hobbes. On comprend peut-être un peu mieux comment Waterson a voulu et pu tout arrêter (1).

Cependant, la plupart des informations sur le comic strip ne sont que des copies de ce qu'on peut lire dans The Tenth Anniversary book. Il y a un peu plus d'information quand même sur le conflit entre Waterson et son éditeur sur le refus du premier de tout merchandising.

Quelque chose de choquant dans ce livre, mais qui n'est sans aucun doute pas du fait de l'auteur, c'est qu'il ne comporte aucune illustration. Aucun strip, aucune image.

Au final, un livre décevant, qui apaise et exacerbe la nostalgie, mais n'apporte rien de vraiment nouveau. Mais pouvait-il en être autrement ?

(1) Et on en vient à regretter l'intégrité artistique de Waterson : n'aurait il pas pu vouloir juste un petit peu plus d'argent, un peu plus de gloire (il n'allait même pas dans les cérémonies ou son oeuvre était récompensée) ?
Sans tomber dans les abymes de prostitution de Jim Davis/Garfield, l'oeuvre C&H aurait sans doute survécu a trois t-shirts, deux mugs, et quelques années de strip en plus.
Mais il a décidé que non.

mardi 21 août 2012

La déchirure par Robin Hobb


(avis portant sur la trilogie)
Jamère Burvelle a son destin tout tracé devant lui : second fils d'un noble de la Frontière fraichement conquise sur les nomades, il sera militaire, comme l'a été son père avant d'être anobli pour faits d'armes. Cependant, lorsqu'il est envoyé par son géniteur passer une semaine avec un nomade, histoire de se durcir pour pouvoir être un bon officier, la destinée s'égare. L'ancien ennemi de son père tente de s'en servir comme outil dans une lutte de pouvoir magique, et la Magie elle même décide faire de Jamère son pion. Commence alors une route cahoteuse et semée d'embûches pour le notre héros-narrateur.
Depuis que j'ai été traumatisé par les épreuves et sévices infligés au narrateur dans l'Assassin Royal, je n'ouvre plus un roman de Robin Hobb sans un frisson de crainte. Dans celui-ci encore, on retrouve la même atmosphère : déchéance du héros, rejet et incompréhension par son entourage, morts et désespoirs. En plus atténué, cependant. Ce qui est aussi appréciable dans ce livre, c'est que le tiraillement du narrateur entre deux cultures se reproduit aussi pour nous lecteurs, et on a bien du mal à décider ou se situe le bien et le mal. Mais cette ambiguïté constante est résolu un peu trop rapidement, quand au dernier volume, en quelques pages, tout se résout ... magiquement, et de façon très indirecte (bien qu'annoncée depuis la moitié du cycle en fait).
Au final, c'est une série intéressante pour la description de deux cultures bien différentes, et un certain onirisme écologique.
Pour finir, un petit coup de gueule (qui ne sert à rien) : en anglais, c'est une trilogie, soit normalement 4 livres en français. Pygmalion en a fait une série de 8 volumes, histoire de maximiser les profits. C'est quand même marrant que ce genre de magouille se fasse couramment en France, Noble Pays de la Culture, des Arts & des Lettres, et non chez les anglo-saxons qui pourtant ne jureraient que par le fric...

samedi 11 août 2012

Le Complot Contre L'Amérique, de Philip Roth




En 1940, poussé notamment par le slogan "Lindbergh ou la guerre", les américains choisissent comme président le célèbre aviateur. Celui signe aussitôt un pacte de non agression avec les puissances de l'Axe, au grand dam de la population juive des états-unis. Tout ceci est raconté par les Philippe Roth, jeune garçon grandissant dans un quartier juif du New Jersey. Il observe, sans forcément tout comprendre, les réactions de ses parents, de sa famille, des ses amis, devant l'antisémitisme croissant, les mesures discriminatoires, les émeutes..

Il s'agit donc d'une uchronie. Plus exactement, il s'agit d'un roman "classique", avec une uchronie dedans. On suit a moitié les aventures du jeune Philippe, et à moitié l'évolution uchronique. Cependant, le mélange est assez indigeste, pour moi en tout cas. Je n'ai pas retrouvé le frisson du Fatherland de Robert Harris par exemple. La fin est trés rapide, un peu trop, comme si l'auteur avait eu hâte de terminer.
Après, c'est bien écrit, c'est juste sans doute qu'a titre de lecteur, je côté science-fiction est un peu trop faible qualitativement, et que je voulais plus qu'un roman classique dans cet ouvrage.

vendredi 10 août 2012

Les nains, par Markus Heitz




Tungdil, un jeune nain de soixante printemps n'ayant jamais vécu avec son peuple, est envoyé par son père adoptif, le Mage Lot-Ionan, en mission pour livrer de mystérieux artefacts.
Mais la mort rôde sur le Pays Sûr, depuis qu'un des 5 clans des nains qui en protégeaient les barrières montagneuses a été laminée par les forces de du Mal.  Tungdil va devoir devenir un héros...

Dans sa préface, l'auteur écrit qu'il a voulu placer les Nains en première ligne de son récit, au premier plan. Ce sont donc ces nains, plutôt classiques (n'aiment pas les elfes, vivent sous terre, etc..) qui sont les héros du livre. A travers le voyage initiatique de Tungdil, on découvre leur riche histoire, et celle de leur monde.
Quelque part, c'est très tolkienien : le héros explore le monde pour la première fois de sa vie, est envoyé en mission (en quête) par une autorité supérieure (mais ici, le Grand Roi des Nains, pas un seigneur demie elfe), et rassemble une compagnie hétéroclite. Différence sans aucun doute en lien avec les thématiques Naines, si la quête tourne autour d'un objet, celui ne doit pas détruit, mais créé avant d'être utilisé (en profitant des talents innés des nains). Le parallèle se retrouve aussi dans la structure du récit,ou les aventures du Quêteur sont entrecoupées par "et pendant ce temps, il se passe ça à côté", passages qui sont cependant un peu trop décousus.
Au final, ce fut une lecture plaisante, assez prenante, mais qui en même temps ne me laissera pas un souvenir impérissable, principalement à cause de certaines faiblesses de style et de scénarios. Je lirai quand même les suivants à l'occasion, vu que ces faiblesses peuvent être corrigées par l'expérience grandissante de l'auteur.

Une petite citation pour finir :
"Nous n'abandonnerons jamais ! cria-t-il à l'adresses des montres.(Puis, il entrechoqua les dos de ses couperets de façon que les tintements se répandent dans toute la fonderie.) Vous entendez ce son, répugnantes créatures ?! Je sonne votre glas !"





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lundi 9 juillet 2012

Forteresse, par George Panchard




Dans un futur assez proche, aux évolutions sociologiques plus ou moins plausibles(aprés une guerre civile, l'Europe a chassé tout les musulmans, la moitié des USA est une dictature religieuse), Adrian Clayborneest chargé d'assurer la protection du président de la méga-corporation Haviland, l'uns des hommes les plus riches et plus puissants de la planète.
Tout ce qu'il sait, c'est que l'opération commandité par les Etats bibliques américains a pour nom de code Ghost. Justement, un systéme d'intrusion hyper furtif viendrait d'être dérobé dans un laboratoir suédois..
C est un roman assez complexe, sans être difficile à lire, grâce à un style limpide. L'auteur nous présente plein de personnages, sur de courts chapitres, les dates et les époques s’enchevêtrent, et la fin est.. surprenante, bien qu'en fait annoncée. Mais en dire plus serait dommage..